Indian Palace

Indian Palace – Suite royale est le second volet du premier long métrage du même nom sorti en 2012, mettant en scène une bande de vieux British expatriés en Inde dont les aventures et les pensées s’adressent finalement à toutes les générations.

On aurait pu croire que les séances du dernier film de John Madden (Shakespeare in Love, L’affaire Rachel Singer) allaient devenir les nouveaux lieux éphémères de rencontre pour le troisième âge. Que nenni. À mes côtés lors de la projection, des moins jeunes certes, mais aussi des jeunes, autrement dit, un éventail hétérogène de catégories d’âge qui répondit à un panel d’émotions étonnamment rafraîchissantes suscitées par l’histoire.

Une histoire aux allures de conte moderne, dans lequel on retrouve Sonny (Dev Patel) et Miss Donnelly (Maggie Smith) à la tête de leur hôtel indien, négociant une rallonge auprès d’investisseurs américains pour acquérir un établissement supplémentaire à quelques pas du leur.

Le retour au bercail après d’âpres échanges commerciaux nous permet de retrouver les principaux protagonistes du premier volet – notamment Miss Greenslade (Judi Dench), Mister Ainslie (Bill Nighy) et Madge Hardcaslte (Celia Imrie) – dont l’existence douce et paisible au sein de la communauté indienne évolue elle aussi, laissant l’opportunité à Richard Gere de faire son grand come-back sous les traits de Guy Chambers, un homme se présentant comme un romancier en quête d’inspiration.

Film simple suivant un cours tranquille qui pourrait effrayer le spectateur s’il se cantonnait à cette plénitude garante d’un ennui certain, Indian Palace – Suite royale se révèle au fil du temps, à travers des instants de franche rigolade alternant avec des rebondissements audacieux – quoique prévisibles – et une profondeur que seuls les critiques élitistes d’une certaine presse prendront pour de la mièvrerie.

Que voulez-vous, les goûts et les couleurs ne se discutent décidément pas…

Non, les tirades faisant écho au moi de chacun et à la vie ne sont pas niaises. Au contraire, elles véhiculent un absolu qui échappe à la majeure partie d’entre nous du fait des problématiques que nous nous créons de toutes pièces pour nous sentir exister.

Et par là même, nous détourner de l’essentiel.

L’amour n’a pas d’âge, lui, et demeure multiforme. L’inattendu pointe le bout de son nez à chaque coin de rue. La retraite n’est pas une fin en elle-même, plutôt un moyen de revenir aux sources de ce que nous sommes en allant droit au but.

Par retraite, entendez celle que n’importe lequel d’entre nous peut vouloir et concrétiser à un quelconque moment de sa vie, pour voir avec des yeux neufs les enseignements du passé, puis en user afin de réapprendre à inspirer et à ressentir de tout son être, autrement.

Bref, comme vous le préconise souvent votre humble serviteur, et comme le fera aussi Maggie Smith dans le film, laissez-vous porter et prenez votre ticket sans hésiter. Vous passerez un joli moment à la redécouverte de ce qu’est le sens de votre vie. Et les questions simples qui émergeront de votre esprit sauront sans doute vous mettre sur la voie de réponses inédites que vous aviez, en fait, déjà en vous.