OSKAR

Ils sont quatre, ils sont bien de chez nous, et ils ont sorti mercredi leur premier album intitulé Lady Black Rose : le groupe Oskar fait son entrée dans l’arène du monde alternatif sans compromission et en toute émotion.

Ils sont quelques-uns à porter le nom Oskar sur i-Tunes. Du folklorisme d’Oskar Erotica au son dance du duo suédois portant – donc – le même nom, en passant par un trio espagnol versé dans l’alternatif schizophrène, on peine à s’y retrouver et on s’interroge sur les raisons qui ont poussé tous ces groupes à choisir cette similitude nominale.

Pourtant, s’il y en a un qui mérite qu’on le lui décerne, c’est bien celui formé à Perpignan il y a tout juste un an.

Oskar : tout est dans leur musique.

Au-delà de l’univers alternatif, rock et électro revendiqué par le groupe, on est surpris par la cohérence des morceaux et l’histoire qu’ils nous racontent. À la lourdeur imposée par la voix et la basse de Gilles Crastre esquissant une peine qui semble au départ difficile à apaiser répond le chant d’Audrey Irles, dont le timbre innocent est magnifié par ses notes au violon, apportant tantôt une touche classique rassurante comme dans le titre album Lady Black Rose, tantôt un rythme soutenu et caractéristique qui n’est pas sans rappeler celui des cordes de Louise Attaque, comme dans la sublime et rageuse déclaration d’amour intitulée Molly.

Arthur Woestelandt à la batterie ménage le suspens et sait entretenir la montée en puissance de chaque morceau. Du bout de ses baguettes, il accompagne efficacement l’enchevêtrement de plusieurs genres au sein d’une même composition, comme dans Godself où le revirement de situation, du rock au reggae, s’opère sans qu’aucune objection ne puisse être faite.

Le doigté de Valentin Fillet au synthé confère au son d’Oskar toute sa dimension électro, nocturne et planante comme dans le titre Bombay Crazy Night. Il ajoute une profondeur supplémentaire inattendue aux voix d’Audrey Irles et de Gilles Crastre, luttant toujours mais jamais contre l’autre, pour finalement s’accorder et rendre compte d’états d’âme forcenés aux atours psalmodiés, comme dans Foggy Ballad.

Le dernier titre de ce premier opus, Smoking Blue, est l’occasion pour le quatuor de faire un clin d’œil malicieux à une de leurs influences qui, s’ils l’ignorent eux-mêmes, transpire de ce morceau. Digne des plus belles compos de The XX, il ne se limite pas à clore le premier chapitre de cette longue route qui s’ouvre devant eux.

En effet, il offre également aux nombreux fans du genre une nouvelle inspiration, avec cette perspective prometteuse d’expérimenter bien d’autres sensations chimériques singulières made in France and by Oskar.