paul webb rustin man drift code

17 ans (rien que ça!) après la sortie de son premier album Out of Season sous ce nouveau de scène, Paul Webb aka Rustin Man revient demain avec un second opus intitulé Drift Code. De quoi baigner dans une douce nostalgie pour certains, et découvrir pour les autres cet artiste habitué aux premières places des charts durant les années 80 avec son groupe Talk Talk.

Such a Shame, It’s my Life : ces titres n’évoquent sans doute pas grand chose aux plus jeunes d’entre vous. Pourtant, vous les avez forcément déjà entendus quelque part. Et pour cause : ces chansons sont les principaux tubes du groupe britannique Talk Talk, diffusés en boucle lors de leur sortie dans les années 80 et aujourd’hui encore.

Talk Talk, c’est l’histoire de Mark Hollis et de son frère Ed qui décident de caster des musiciens pour former un groupe synthpop new-wave. Simon Brenner aux claviers est un voisin de Mark Hollis (il sera remplacé par Tim Friese-Greene peu de temps après). Le batteur Lee Harris est l’un de ses amis d’enfance, à l’instar de… Paul Webb, bassiste à ses heures.

Talk Talk sort son premier album The Party’s Over en 1982. Le groupe prend ses repères. C’est deux ans plus tard avec son second opus It’s My Life qu’il fait son entrée dans la cour des grands. Il se classe dans plusieurs Tops 10 en Europe, et fait un tabac aux USA. Avant de se tirer une balle dans le pied en 1988 avec Spirit of Eden, un album aux échos jazzy qui égare son public. Paul Webb quitte Talk Talk avant la sortie de son cinquième et dernier album Laughing Stock en 1991.

Rustin Man : nouvelle ballade

Paul Webb et Lee Harris fondent d’abord .O.Rang sur les cendres de Talk Talk. Ils sortent successivement l’album Herd of Instinct en 1994, puis Fields and Waves deux ans plus tard. Ces productions restent très confidentielles. Elles motivent en partie la nouvelle trajectoire en solo de Paul Webb à travers son projet Rustin Man, qu’il lance officiellement en 2002 avec un premier album intitulé Out of Season, qu’il sort en collaboration avec la chanteuse charismatique de Portishead : Beth Gibbons.

Paul Webb y révèle un talent certain pour le chant et l’interprétation. Les années ont passé, la notoriété de Talk Talk a fait son temps. Rustin Man est un espace vierge de toute attente : Paul Webb y exprime ses propres envies. Drift Code ne déroge pas à cette règle inédite, quitte à initier la dérive sentimentale et le vagabondage spirituel et musical. “J’aime l’idée que la vie est une énigme qui ne peut être résolue car la réponse change constamment.”

Dans l’ombre, Lee Harris fait toujours des siennes avec ses baguettes. Quant aux neuf plages de Drift Code, elles composent une histoire ponctuée de mini-récits animant l’émotion d’un jour qui s’éternise. La nuit est belle même si elle n’est pas attendue. Our Tomorrows viendront bien assez vite. De quoi Light the Light, une fois n’est pas coutume, sous celle de la Lune. À ce Vanishing Heart, un autre amour émerge. Un autre encore se souvient des bons moments et seulement de ceux-là. Drift Code : une invitation de fin de journée, pour se délecter de chaque seconde qui passe et que l’on accompagne.

 


Crédits photos : Lawrence Watson