slfco-2016

SLF&Co est un collectif de geeks mélomanes venu tout droit de Norwich, capitale du comté de Norfolk au nord-est de Londres. Versée dans l’art de l’expérimentation, cette troupe d’un nouveau genre concrétise vendredi prochain son avancée à travers la manipulation de sonorités électro trip-hop d’un premier album intitulé No Beats in Algebra. L’idée est de laisser toutes ces autres préconçues sur le seuil de vos pensées pour mettre à jour la logique musicale de SLF&Co ainsi que le mystère de son processus créatif, tout du moins, en partie.

Seulement un PC, des oreilles qui traînent et des voix qui se posent sur des portées électriques. SLF&Co n’est pas une bande très causante pas plus qu’elle n’est démonstrative lorsqu’il s’agit d’exposer son univers et sa démarche artistique : elle préfère de loin laisser ça à son petit label indépendant Milky Bomb Records.

Pourtant, SLF&Co sait éveiller la curiosité. Si l’on croit dans un premier temps à une belle blague, on perçoit ensuite une trame tout à fait innovante dans la perspective technique et émotionnelle des musiciens et chanteurs composant SLF&Co.

Ils avaient déjà eu l’occasion d’exprimer leurs ressentis saturés dans un album paru l’année dernière. An Amalgation of sorts compilait ainsi les productions variées et malgré tout très homogènes de plusieurs autres de leurs « confrères », notamment ceux de Crack House Dragon, Meadowman et Thirteen. Au programme à l’époque : rock hard et grunge, avec ce zeste d’échappée folk pour faire pétiller le tout.

Aucun coup… du sort dans l’algèbre

No Beats in Algebra emprunte cette fois-ci une direction totalement inédite, puisqu’il s’agit d’y développer une structure très électro interconnectée à un son trip-hop parfois très lourd, ouvrant des fenêtres de tirs à une voix plus aérienne à l’instar du titre Red enlacé par Vicky Harrison. Le titre n’est pas sans rappeler la folie d’une certaine Björk dans son album Post.

La décadence de Bran Van 3000 s’exprime quant à elle à travers Deaf Kiwi Fruit, remixé par MCB pour SLF&Co. Les relents rock n’y sont que des illusions enchevêtrées permettant au bruit de devenir musique jusqu’à cette pause propulsant les beats, non pour cogner mais pour impulser.

Mondes déliés et cocon ouaté

Là ou SLF&Co réussit à se distinguer et à animer notre plus vif intérêt, c’est sans aucun doute dans ses deux morceaux empruntant aux cultures de notre monde des mélodies et des incantations vibrant puissamment avec nos fantasmes d’ailleurs.

Pop Sensibility révèle un trésor de pulsations prodigieusement mariées à la voix d’Emma Martin, rappelant la tendresse technologique de Massive Attack et les allusions intrusives de Morcheeba.

Quant à YraFlowerbutyrStenchismoresoWeak, chargez-vous de mettre les espaces entre les différents mots composant son titre. Cette initiative vous dévoilera la méthode à utiliser lors de l’écoute du morceau composé par SLF&Co. Au-delà, elle vous confèrera le pouvoir d’ouvrir le ciel de vos orages et d’accompagner les prières d’Oli Perry dans ce temple céleste dédié à la libération de votre inventivité.