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Mathieu Artu aka Taur dévoile aujourd’hui le fruit d’un travail collaboratif mené durant le confinement. 40 est un projet aux couleurs servant une irrésistible volonté de créer, peu importe la distance et le temps.

Le Rennais Mathieu Artu, plus connu depuis quelques années sous son nom de scène Taur, ne se voyait pas se tourner les pouces durant le confinement. Son premier album, succédant à trois EP, avait beau être prêt à sortir : les conditions étaient loin d’être optimales pour en faire dignement la promotion. Qu’à cela ne tienne : il prit le parti d’extrapoler son acte de création. Ainsi, au détour d’une conversation avec Pierrick Devin, il lança le projet 40.

L’idée ? Fédérer un certain nombre d’artistes d’horizons très différents pour stimuler une créativité collective à l’aveugle. Autrement dit, il s’agissait pour Taur d’inviter chaque participant à mettre son grain de sel dans des compositions et des textes qu’il prenait le soin de leur envoyer. Et ce, en respectant plusieurs étapes connectées tout autant à l’inattendu musical engendré par chaque intervention artistique individuelle, qu’aux bouleversements émanant de la confrontation d’univers musicaux qui, sur le papier, ne se seraient jamais croisés autrement.

Les absents ont toujours Taur

Résultat : le projet 40 a rassemblé au total 56 artistes qui, de leur “home sweet studio”, ajoutèrent ça et là leurs propres rythmiques et leurs propres mots. Et bien entendu, sans savoir qui était passé avant eux sur le morceau que leur avait soumis Taur. À l’écoute de 40, l’auditeur est instinctivement immergé dans la trame d’une histoire qui ressemble à celle de tous durant la période de confinement. Une période trouble, hautaine à l’égard des libertés individuelles et collectives, méprisant le lien social, les réalités, la vérité. Et malgré tout, soucieuse de la vie et des facteurs qui pourraient l’altérer.

40, c’est un décompte qui semble vouloir durer, inlassablement. Au risque de mettre en péril la santé mentale de l’homme. Une Scary Game qui impose à l’esprit de chacun un Sauve qui peut. Oui, mais pour aller où ? Car si l’émotion est vivace, sincère, légitime, profonde, le bon sens aurait sans doute commander autrement. Une solution anticipée, Better Than That. Pour l’heure, Taur et ses convives se tournent plus que jamais vers l’avenir. Le changement fut évoqué à moult reprises durant le confinement, mais les bonnes vieilles habitudes ont la peau dure. Qu’importe : We Fell, Free. Cap sur demain au détour d’initiatives venues “d’en bas” pour instaurer, non pas le Nouvel Ordre, mais un ordre différent alliant action et empathie. Dans ce but, tous les droits du projet 40 seront reversés à la Fondation Hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France. Qui a dit que la base se laisserait abattre ?

 


Taur : Facebook | Crédits photos : Louis Dazy