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Chez Skriber, on avait des papillons dans l’estomac rien qu’à l’idée d’aller voir le nouveau Tarantino. Les médias qui avaient eu l’occasion de le voir avant sa sortie n’avaient fait qu’amplifier notre impatience par leurs critiques dithyrambiques. Résultat : si Once Upon a Time In Hollywood n’est pas un navet au sens strict du terme, il y a bel et bien eu tromperie sur la marchandise.

Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) est un acteur de western sur le déclin. Il le sent et ne le sait que trop bien. Surtout après sa rencontre avec le producteur Marvin Shwarz (Al Pacino). Ce jour-là, celui-ci lui propose de se refaire une image en incarnant le rôle principal dans plusieurs westerns spaghettis. Un outrage pour Rick Dalton, un de plus. Il craque dans les bras de son acolyte de toujours, sa doublure Cliff Booth (Brad Pitt), cascadeur à ses heures perdues. Il est surtout devenu l’homme à tout faire de Rick.

Les deux gaillards vivent une amitié qui ne dit pas son nom. Rick est sur le devant de la scène ou tente d’y rester en tournant des séries TV et des films éloignés de ses premières amours cinématographiques. Il nourrit le secret espoir de tourner dans le prochain Polanski, venu s’installer dans la maison à côté de la sienne. De son côté, Cliff vit dans une caravane excentrée avec son Pitt Bull. Il ne mâche pas ses mots quant aux communautés de hippies qui peuplent les rues, les abords de la ville. Et il ne retient pas ses poings. Ces deux mondes opposés vont finir par s’entrechoquer. Et au milieu coulent 2h41 de notre temps.

Once Upon a Time In Hollywood : aveu de faiblesse

On est loin, très loin de la maestria du Quentin Tarantino des années 90, de Reservoir Dogs et de Pulp Fiction. De la justesse d’une véritable vision façon Inglourious Basterds ou Django Unchained. On s’interroge, on espère. Puis on finit par s’endormir. À croire que le réalisateur s’est simplement fait plaisir à faire plaisir. Non pas au spectateur, mais à son univers et à la belle brochette d’acteurs composant la distribution.

Tarantino veut rendre hommage au côté obscur du cinéma hollywoodien et aux désillusions qu’il implique pour beaucoup. Ainsi, sa touche s’efface. Elle se noie dans une succession de séquences convenues. La trame “documentaire” alourdit un peu plus le scénario déjà trop faible. La propension des médias à le réécrire ces dernières semaines pour le vendre mieux aurait dû nous mettre sur la voie. Sorry Quentin, it’s our fault ! Disons que chacun à le droit à l’erreur, y compris les cinéastes les plus talentueux. Après tout, Jules ne le rappelait que trop bien : “La marche des vertueux est semée d’obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin surgir l’œuvre du malin.