melissa salazar what happens portrait

À seulement 23 ans, Melissa Salazar a presque tout d’une grande. La révélation de son nouvel EP What Happens est l’occasion de rencontrer une interprétation plus que sa seule voix. D’une rare pudeur, elle ose sortir progressivement des sentiers battus. Elle se révèle à travers un blues qui, désormais, n’appartient plus qu’à elle.

L’encre coule quant à la petite route de Melissa Salazar. Cette jeune auteure, compositrice et interprète franco-espagnole commence à faire sensation sur la toile. Et pour cause : elle défraie la chronique en se dédiant depuis l’âge de quatorze ans au jazz et à la soul. Elle est inspirée par Billie Holiday, Carole King ou bien encore par Melody Gardot, Amy Winehouse et les chants gospel que sa mère écoutait en boucle lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant.

Elle quitte son île natale des Canaries pour la France dès l’âge de trois ans, suite à la séparation de ses parents. Entre les lignes et les partitions de son nouvel EP What Happens, elle chante pour communiquer avec sa terre d’adoption. Mais aussi pour conserver ce lien singulier avec la culture espagnole. Elle ne l’a jamais quittée. “C’est difficile d’incorporer du flamenco dans la soul”, reconnaît-elle. “Je pense que cela passe surtout par ma personnalité. Mon tempérament sanguin se transmet à travers mes chansons. En parallèle, j’attache une importance singulière aux textes du flamenco. Il y a notamment une artiste que j’adore : Estrella Morente. Mon écriture est un écho à la sienne.”

Melissa Salazar : rencontres et lendemains

La bonne étoile de Melissa Salazar est bel et bien là, à en juger par son parcours de vie croisant celui de personnalités de renom. À l’instar de Bob Leone, le dénicheur de talents américain ayant entre autres découvert Lady Gaga et Lana Del Rey, et du producteur Robert Cutarella. Celui-ci a travaillé par le passé avec les plus grands. Il a enregistré son EP avec elle à New-York. “Notre collaboration a été très fluide dès le départ. J’ai adoré côtoyer son talent d’aussi près. J’ignorais que cela allait être si fusionnel entre nous.”

Néanmoins, la première rencontre demeure pour Melissa Salazar celle avec le jazz. “En réalité, c’est le jazz qui m’a choisie. J’étais à un moment de ma vie où je ne savais plus trop quoi faire. J’ai fait une rencontre dans mon école de musique. Cette personne m’a invitée à découvrir ce genre musical. Ce fut une révélation.” Dès lors, elle intègre une discipline musicale et développe son écoute. “Le jazz m’a également “ouvert les oreilles” sur pas mal de choses, notamment les textures mélodiques et harmoniques.”

What Happens : se sentir légitime

“Je pense qu’on a toujours un problème de légitimité en tant qu’artiste”, déclare Melissa. “Pour ma part, je n’ai pas encore suffisamment travaillé dur pour me sentir légitime. Et ce, même si j’ai travaillé avec Robert Cutarella. Se sentir légitime, essayer de l’être en tous les cas, cela nous pousse à aller plus loin.” Dans les mots coécrits avec son mentor et les mélodies qu’elle pense puis qu’elle structure avec Jules Darmon, Melissa Salazar conquiert un épanouissement et sa liberté.

Si elle qualifie son nouvel EP What Happens telle une complainte pour exorciser sa peine et les trahisons, la confiance qu’elle a gagnée depuis la sortie en avril 2018 de son premier EP de Jazz à quartet lui murmure un autre temps. Celui d’une artiste assumée vouée à s’engager par toute la passion qui la caractérise. Celui d’une incarnation qui évoque aussi tous les bonheurs. Les grands et les petits. Comme une gourmandise culinaire concoctée par sa mère ou sa grand-mère. Comme un nouvel eldorado à atteindre, sur les planches des scènes de France et du monde entier.

 


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