pablo alfaya ocean

Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à la naissance d’une étoile. Celle-ci se nomme Pablo Alfaya. Ce jeune Grenoblois de 24 piges a sorti le 14 juin dernier son premier single Ocean. Il était temps que ça sorte.

Pablo Alfaya : un mystère tout autant qu’une évidence. Un auteur, compositeur et interprète, aussi, qui fait ses premières gammes au Conservatoire de Grenoble alors qu’il n’est encore qu’un gosse. Au programme : solfège et guitare classique. C’est sa mère qui est à l’initiative de son inscription. L’expérience ne durera pas et peu importe. Car Pablo Alfaya a la musique dans le sang : “Depuis que je suis gamin, depuis que j’ai entendu mes toutes premières chansons, j’ai toujours voulu faire la même chose. Procurer des émotions fortes aux gens. M’exprimer à travers la musique. C’est physique.”

Fils d’une musicienne argentine arrivée il y a 35 ans en France pour étudier un méthode de solfège qui n’existait qu’en Europe, et d’un baroudeur spécialisé dans l’import-export, Pablo Alfaya a grandi dans le quartier grenoblois de La Villeneuve avec son demi-frère Julien. Il se souvient de ses journées durant lesquelles sa mère organisait des chorales tout en répondant à sa longue liste d’e-mails. Les absences de son père, sur les routes pour prospecter. Il revit surtout ses premiers émois musicaux, à l’écoute des disques des Andrews Sisters, des Beatles et de Johnny Cash composant la discothèque de son père. De premières références ponctuées par les musiques sud-américaines et leurs rythmes ethniques que sa mère chérit tant.

De Pablo à Pablo Alfaya

Au milieu de toutes ces influences, aucune chanson française. Pablo Alfaya les découvre au fil du temps et des discussions avec ses potes de quartier. Une situation qui pourrait en désarçonner plus d’un, mais pas lui : “En fait, j’ai toujours trouvé ça cool. Au moins, j’ai un autre regard, une autre écoute des choses. Quand j’ai commencé à faire de la musique en groupe, je me souviens que nous avions autour de nous des artistes rock très référencés, enfermés dans des codes préfabriqués. J’ai toujours eu cette volonté de faire quelque chose de différent.”

À 18 ans, Pablo Alfaya décroche son bac pro en électronique et maintenance : “Une espèce de diplôme multicompétence, tu ne sais même plus trop ce que ça veut dire.” En parallèle, il poursuit son aventure musicale : “J’ai rejoué de la guitare plusieurs années après mon expérience au Conservatoire. Je jouais par-dessus les disques chez moi. J’essayais de reproduire des choses à l’oreille, de comprendre.” Il se perfectionne également au piano et à la basse. Il se met à “vendre des frites” dans un fast-food. Jusqu’à rencontrer les membres du groupe H-Burns, qu’il finit par rejoindre en tant que bassiste.

pablo alfaya sad night dancing

L’éveil des sens

Le 14 juin dernier, Vietnam Label et Because Music ont dévoilé le tout premier single de Pablo Alfaya : Ocean. Un titre qui révèle l’incroyable force créative du jeune Grenoblois. Ainsi que des émotions intenses connectées notamment à son état d’esprit le jour de l’écriture de son morceau : “J’étais dans une phase très sombre, bien au fond. J’habitais dans un appart dans le centre de Grenoble, que j’ai gardé pendant seulement trois mois. Je venais d’écouter une chanson de Brian Eno intitulée On Some Faraway Beach. Il y a cette batterie dans la réverb. L’intro dure des plombes. Il y a aussi ces pianos qui rentrent au fur et à mesure. Ça m’a retourné le cerveau. Juste après, je me suis profondément inspiré de ce titre pour écrire les premières lignes de ma chanson Ocean dans ma chambre.”

Une chanson, une colère, un cri. Une volonté qui malgré tout subsiste, un espoir qui s’enflamme, tous deux incarnés notamment par ces oiseaux en vol stationnaire évoqués dans le premier couplet : “Il s’agit de ces oiseaux qui font de longues migrations. Ils traduisent le besoin vital d’être toujours en mouvement. De voir toujours plus haut. Il y a aussi cette notion d’urgence. Je n’ai pas le temps de rester statique, sédentaire. J’ai besoin de poursuivre quelque chose. C’est la soif d’absolu, ces oiseaux qui planent comme ça.” Comme une invitation de Pablo à grimper à notre tour sur leur dos.

Créer la surprise par les contresignaux 

Pablo Alfaya fêtera ses 25 ans le 11 novembre prochain. Avant ça, il sortira en septembre un second EP intitulé Sad Night Dancing. Son approche ? “Envoyer des contresignaux. Personnellement, ce qui m’éclate en écoutant un disque ou lorsque je vais voir un concert, c’est d’être surpris. Je l’ai été récemment par PNL. À la base, des mecs de quartier dont je comprends et partage les repères, les références et les messages. Ils renvoient une image très chic alors qu’ils viennent de la rue. Et là, la surprise se crée. Ils ont fait ça sans l’aide de personne. Je trouve ça excitant.”

Pablo Alfaya fêtera ses 25 ans le 11 novembre prochain. 25 ans… Si la composition de son titre Ocean fut, selon ses propres termes, une thérapie, les bouleversements engendrés par la chanson du côté de l’auditeur répondent aussi à ceux vécus par un grand nombre de gens aux quatre coins de globe. C’est ce qui distingue un morceau prometteur d’un titre signature. Avec Ocean, Pablo Alfaya a l’émotion de concrétiser le sien dès le premier single. Et il a encore bien des choses à nous dire.

 


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