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Deux ans après la sortie de son premier album Shift, Henry Green est revenu la semaine dernière avec Half Light, une production touchante axée sur les sensations contraires de son auteur. Ainsi que sur les grands enjeux pour demain.

Depuis la révélation en septembre 2015 de son premier EP Slow, l’auteur, compositeur, interprète et producteur britannique Henry Green a réussi à concevoir un territoire original et essentiel. Remarqué très rapidement par ses pairs, il le fut aussi par son premier public. Une conquête qu’il aborda, somme toute, de façon très instinctive. Et si quelques petites mains eurent l’occasion de participer par le passé à la réalisation de ses morceaux, le jeune homme n’en demeure pas moins très indépendant.

Préférant une mainmise intransigeante sur l’ensemble de son travail, son approche a de quoi instiller le frisson. L’émergence de l’œuvre est à la mesure d’un investissement frôlant le perfectionnisme maladif. À tel point que pour Half Light, son second album paru vendredi 3 juillet 2020, Henry Green a expérimenté la nécessité de revenir à l’essence de son acte de création. Et ce, afin de retrouver l’innocence et le lâcher-prise qu’il vivait intensément à 16 ans. Lorsqu’il postait en ligne ses premiers morceaux, sans se soucier de leurs effets et des conséquences.

Henry Green : ombre et lumière

Rebondissements : tel est le mot clé du nouvel opus de Henry Green. Un terme justement choisi si l’on considère sa volonté de dépasser la seule confrontation de l’électro et de l’acoustique. Celle, aussi, de la confession et de l’aptitude (de certains) à se répandre. Dans Half Light, le Bristolien offre des compositions et des paroles ciselées, intensément connectées à sa vision de la musique. Une vision par laquelle se dévoile sa plus belle collaboration comme la pire : celle avec lui-même. Ainsi, et de son propre aveu, Half Light constitue le récit le plus sincère de son identité. Une intimité motivée par son “désir d’apprécier davantage encore ma musique”.

Le 2 avril dernier, en plein confinement, Henry Green partageait sur YouTube le clip de son single Realign. En réponse à l’enfermement, il y proposait la métaphore des contrées intérieures sans limite de l’être. Entre ombre et lumière, l’objectif est alors de laisser s’échapper la vérité. Comme le permettrait ce tissu mouillé replié évoqué dans le titre Fabric. De quoi faire la chasse à l’oisiveté facile, à la propension que chacun a de tourner au ralenti s’il demeure aveugle à l’égard de ce qui l’entoure. Réalisé en collaboration avec Ghostly Kisses, Idle s’inscrit dans la digne continuité d’un univers tel que celui de London Grammar. Between Us : il serait peut-être temps de faire toute la lumière sur ce qui se trame plutôt que demeurer dans l’obscurité. Ou pire, dans cet entre-deux effaçant la seule idée d’un mouvement, d’une réaction. D’un changement.

 


Henry Green : Site officiel