JINNWOO

En photographiant Kami Thompson pour son album solo Love Lies sorti en 2011, Jinnwoo n’avait pas prévu que son regard si particulier se transposerait à sa voix. Devenue son nouvel instrument de jeu et d’émancipation depuis 2014, le jeune artiste britannique expérimente depuis la reconnaissance de ses pairs et des critiques. Après deux singles parus en France en mai et juillet dernier, son premier album Strangers bring me no light prévu ce vendredi revêt une aura étrange et délivre une confession intime connectée à la sensibilité exacerbée de son auteur.

Jinnwoo ne fait pas les choses à moitié ni avec n’importe qui. Son premier album Strangers bring me no light mit du temps à voir le jour et ne parut que l’année dernière outre Manche. Et pour cause : l’auteur, compositeur et interprète en herbe à la voix caressant celles de John Frusciante et de Michael Stipe souhaitait le concevoir avec ces autres qui le touchent.

Ainsi, la réalisation de Strangers bring me no light devint une chasse à ces trésors répondant aux projections émotionnelles de Jinnwoo. Le résultat vaut le coup d’oreille dans les perturbations que les mélodies engendrent sur le moi profond de l’auditeur, pris au piège entre les murs de cristal dressés autour de lui comme pour l’empêcher de détourner son regard de ce qu’il est réellement.

Adulte seul

Parcourant les différentes dimensions d’une folk aux allures « dylanienne », Jinnwoo fait crier sa guitare par petites touches pour soulever les cœurs et accabler l’âme qui ne sait que s’égarer. Le titre Waiting for « P » to have a vision en est une belle démonstration, tout comme le duo de l’écorché vif avec le musicien écossais Alasdair Roberts : Solo Man conjure le mauvais sort et invoque l’être dans toute sa singularité.

Enfant contre tous

La déprime exprimée dans Your baby constitue quant à elle un leurre. Jinnwoo lui préfère le sacre d’un sentimentalisme sincère et sans travers qui déroute les intentions de chacun afin de l’aider à se repositionner sur le droit chemin.

Enfin, mention très spéciale pour le morceau Woman écartant d’une main de maître le rideau d’illusions perdues du visage de Jinnwoo. L’artiste disparaît au profit de l’homme déterminé à conserver dans sa mémoire l’itinéraire conseillé jusqu’à ses ressentis juvéniles, par lesquels l’imagination bâtit un monde fait de monstres et de buildings en carton.

 



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