refuge hunger album florian bertonnier

Florian Bertonnier aka Refuge revient vendredi 20 mars avec son second opus Hunger. Il s’agit d’un album hybride égaré entre pop et inspirations indiennes. Une œuvre au sens premier du terme, qui bouleverse par l’essentiel qu’elle renferme.

À l’instar d’un groupe comme 3SomeSisters, Florian Bertonnier vient d’ailleurs. À l’instar de tous ces autres artistes passant pour des hurluberlus, il est en réalité le plus avisé pour parler de nos origines à travers les siennes. Dans son projet musical Refuge révélé en 2016, il exploite ses propres tressaillements pour visiter les territoires qui existaient bien avant sa venue au monde. Qui seront encore là lorsqu’il le quittera. Cette terre des hommes ramenés à leur plus simple condition, à leur profonde et immuable fragilité.

Alors, quand l’inquiétude gronde et qu’elle fait vaciller le sol, Refuge incarne son nom de scène à travers des mélodies qui bousculent tout autant. Mais qui demeure finalement, dans l’imperturbable temps que le ciel lui a accordé, solide comme un roc. Majestueux comme le début d’un amour. Merveilleux comme le premier cri d’un enfant. Intense comme la promesse d’un avenir. Ainsi, dans la musique de Refuge, on rencontre des mots. En outre, des questions que beaucoup ont fini par oublier de se poser. Des réalités simples mais que leurs yeux ne voient plus. Dans Hunger, c’est la faim qui justifie les moyens et non la finalité.

Refuge : une pause offerte au réveil de votre curiosité

Il est l’heure. L’heure de franchir les barrières bâties, non pas à votre insu, mais par l’acquiescement soufflé par votre silence. Dans Hunger, Refuge se propose de vous guider à sa manière vers votre véritable place dans le monde. Venir de quelque part est une chance. Savoir où l’on souhaite aller l’est aussi. Pour cela, il s’agit de reconnaître ses peurs puis de les dominer, de les dépasser. Pour enfin saisir tout ce qui vous constitue véritablement. Entre émotion et raison, le choix (re)devient dès lors un instinct. The World Outside vous appelle : vous l’entendez lorsque vous êtes à l’écoute de vous-même.

Après un premier album, Brokenbird, paru en 2016 et salué par la critique, Refuge a poursuivi ce chemin-là. De tournées internationales en reconnaissances, il pose aujourd’hui en sari, un vêtement traditionnel indien qui fait éclater au grand jour une contemporanéité investie. En filigrane, les échos à ses racines forment les flux d’une pensée plus que jamais de notre époque. D’où je viens, qui je suis à présent : Nawal murmure à l’oreille de ceux à l’écoute de ce qui les survole. Dans les ombres, la larme du lion les sonne. Que vais-je devenir, tout comme ceux que j’aime…  Don’t Say a Word : il est l’heure. L’heure de se retrouver “à travers tes cernes, tes larmes, ton sourire”. Il est temps de comprendre et de se ressaisir. Temps de vivre.

 


Refuge : Facebook | Soundcloud | Crédits photos : Margot de Kerangat