atomic blonde david leitch

Trois ans après John Wick, le réalisateur David Leitch revient avec son second long-métrage sorti mercredi : Atomic Blonde. On craint la caricature du film d’espionnage, le bide d’un thriller mal ficelé. Il n’en est rien. Atomic Blonde étonne par son scénario, sa distribution et son univers graphique. Entre histoire avec un grand H et double jeu à tous les temps.

Dans une salle d’interrogatoire du MI6, Lorraine Broughton (Charlize Theron) s’installe à la table après avoir jeté un regard au miroir sans tain. Elle est couverte d’ecchymoses et son œil est encore injecté de sang. Sa douleur traverse l’écran : pourtant, le personnage reste impassible.

Son supérieur, Gray (Toby Jones) ainsi qu’un agent de la CIA (John Goodman) la rejoignent. Lorraine a des choses à leur dire sur sa dernière mission à Berlin, à quelques jours de la chute du mur. Ils veulent tout savoir et tout comprendre du fiasco que fut finalement cette opération.

Lorraine allume une cigarette et débute son histoire dès l’instant où la mission lui fut confiée. Une mission durant laquelle elle ne vit rien venir. La tournure que les évènements prirent n’est pas de sa responsabilité, qu’importe ce qu’en pense le MI6. Mais à la veille de la fin de la Guerre Froide, dans un monde grouillant d’espions et d’agents doubles, réussira-t-elle à se sortir de cette situation lavée de tout soupçon ?

Ça fait du bien

Adapté du roman The Coldest City d’Antony Johnston, Atomic Blonde offre une intrigue façon James Bond dans laquelle les codes de cette dernière série de films se retrouvent pour la plupart complètement chamboulés : M n’est plus une femme mais un homme, Gray. Quant à la James Bond Girl, et bien, elle demeure une femme même si James Bond en devient également une.

Le tout jeune réalisateur texan David Leitch donne ainsi un coup de jeunesse à un genre qui a parfois besoin de respirer. Une stratégie salvatrice et qui se met en place sans souffrance, aidée d’une mise en scène et de jeux d’acteur excellents.

Là où ça fait mal

Disons-le simplement : dans Atomic Blonde, la violence est crue et très présente. Elle est bien sûr dans les scènes de lutte entre les différents protagonistes. Elle est aussi dans les répliques ainsi que dans le contexte historique choisi pour le film, en l’occurrence, la Guerre Froide et les derniers instants du mur de Berlin avant sa chute le 9 novembre 1989.

Néanmoins, cette violence n’est jamais gratuite. Elle sert le scénario de Kurt Johnstad avec brio. Et même si le déroulé de celui-ci peut avoir du mal à s’ouvrir au début du film, les questions qu’il initie dans l’esprit du spectateur l’invitent rapidement à voir au-delà du sang et du seul discours de façade de chaque personnage impliqué.

Qui est qui ?

Atomic Blonde porte bien son nom. Charlize Theron y développe une interprétation mêlant tact et subtilité. Son personnage de Lorraine Broughton est déterminé, insaisissable. Celle-ci dissimule une émotion remontant à loin, dont elle se sert pour atteindre ses objectifs et les autres. En plein cœur. Elle est une professionnelle avant d’être une femme.

L’actrice sud-africaine fait preuve d’une intelligence lui permettant de saisir toute la mesure des actes de Lorraine. Manipulée ou manipulatrice ? Face aux personnages joués par James McAvoy et la Française Sofia Boutella, les jeux d’acteurs deviennent des jeux de rôles pouvant être fatals à n’importe quel moment pour chacun d’entre eux. Devinerez-vous ceux qui se cachent derrière les masques ? Saurez-vous les faire tomber avant la fin du film ?