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Mercredi dernier sortait dans les salles le nouveau film de Jean-Marc Vallée (Wild, C.R.A.Z.Y) intitulé Demolition. Skriber vous l’avait annoncé mais votre serviteur n’avait pas pu se rendre à la projection avant aujourd’hui. L’innovation étant poussée par la nécessité, inaugurons ensemble une nouvelle rubrique : celle des films à ne surtout pas manquer sous peine de passer à côté de petits chefs-d’œuvre.

La liberté sait étreindre ses plus fidèles ambassadeurs en leur offrant de temps à autre des instants suspendus tels qu’ils nous font vivre la bonne rencontre, au bon endroit, au bon moment. Cela marche avec soi, avec l’autre, avec ces histoires qui nous parlent aussi.

Demolition fait partie de ces histoires.

Décidément, Jake Gyllenhaal (Broke Back Mountain, Jarhead, Prisoners, Enemy, Night Call…) sait choisir ses scénarios. C’est la première chose que je me suis dite dès les premières minutes du film. Son synopsis avait de quoi effrayer plus d’un spectateur, et bien trop de sièges demeuraient désespérément vides dans la salle lors de ma séance.

Il faut dire qu’on est très loin des films à effets sortis dernièrement, Batman V Superman ou Divergente pour ne citer qu’eux. Il faut de tout pour faire des mondes et du business. Si de tels blockbusters n’existaient pas, autant dire que toutes les autres productions ne dépasseraient même pas le stade de la lecture de la première page du scénario.

Mais, comment vous dire… C’est tellement bon de regarder un long-métrage avec un contenu si bien ficelé. Un contenu autorisant toutes les projections possibles de notre être si tant est que nous soyons aptes à comprendre et à partager avec les héros ces moments du commun des mortels qui font d’eux les repères de nos subconscients en manque d’échos nous permettant de nous sentir tout simplement moins seuls.

Demolition débute par un accident de la route. Demolition se poursuit par une descente vertigineuse en un moi ayant perdu la trace d’un amour et de lui-même, et simultanément, par un élan vers une vérité, une sincérité jamais explorées, toujours ignorées. Pour quoi, pour qui ? Quelle force nous maintient ainsi dans cette inattention sclérosante gommant jusqu’à la dernière lettre de notre nom, de notre différence ?

Demolition se termine sur un sourire, un espoir grandiloquent après des années de torture, de rejet, et d’enfermement.

Demolition, ou comment tout démonter, tout dévaster, pour rebâtir pièce après pièce, sentiment après sentiment, une machine humaine en quête d’une éternité abstraite rejoignant les rêves pugnaces d’un enfant.

Demolition, ou comment être et rester nous-mêmes.