incontournables 2014

Cinq films, cinq tranches de vie boostées au réalisme et assaisonnées d’émotion et d’une pointe de sensationnel : retour sur ces œuvres majeures qui ont d’ores et déjà imprimé une empreinte indélébile dans l’histoire du cinéma et dans les mémoires.

Mommy (Sortie DVD/Blu-Ray le 18 mars)

Xavier Dolan se révèle au cœur du monde avec ce scénario relatant le quotidien et le chemin de Steve O’Connor (Antoine-Olivier Pilon) atteint d’un trouble de l’attention avec hyperactivité. Tout est pensé pour coller à cette réalité à double visage, du choix d’un québécois prononcé à celui des cadres des séquences. Le but ? Déstabiliser, heurter, bouleverser.

Le couple d’actrices formé par l’égérie de Xavier Dolan, Anne Dorval (interprétant la mère de Steve), et Suzanne Clément (la voisine muette fraîchement débarquée dans le quartier avec sa famille) laisse le spectateur sans voix par sa justesse. On ne peut passer à côté de toute l’humanité de ce conte moderne bousculant un bon nombre d’idées reçues, y compris celles qui cantonnent la virtuosité à l’âge auquel tout être commence à s’éteindre.

Dans ce sens, Xavier Dolan dispose de tous les attributs qui caractérisent usuellement le génie, dont l’aptitude à réinventer un genre en lui conférant une vision inédite, amoureuse et sans fard, des gens et de l’existence.

 

Boyhood (Sortie DVD/Blu-Ray le 18 février)

Sorti en juillet dernier, Boyhood est le récit d’une famille composée des comédiens que Richard Linklater a rassemblé régulièrement durant douze années sur ses plateaux de tournage afin de dépeindre sa vie. Ses contours, ses anicroches, ses vrais pépins. Ses joies, ses peines. Ses tourments, ses questionnements.

Malgré quelques longueurs, le film étonne par sa sensibilité. L’authenticité des personnages y est pour beaucoup, elle est intrinsèquement liée à la performance sincère des acteurs principaux, notamment le jeune Ellar Coltrane, qui campe le rôle de Mason dans sa période préado.

Patricia Arquette et Ethan Hawke forment un tandem touchant. En dépit de la situation familiale complexe des parents qu’ils incarnent, ils sont les points de repère de leurs enfants, du scénario et de toute la mise en scène. Ils dévoilent ainsi une palette de sensations bien particulières, et nous font à cette occasion naviguer entre nostalgie, regrets, et espérance.

 

Gone Girl (Sortie en DVD/Blu-Ray le 11 février

Vous êtes fan de la série culte Desperate Housewives et vous dévorez les romans policiers ? Dans ce cas, installez-vous confortablement dans votre fauteuil : Gone Girl est fait pour vous.

David Fincher (L’étrange histoire de Benjamin Button, Panic Room, Seven…) y dévoile une fois de plus son goût pour le mélange des genres, au beau milieu d’un quartier résidentiel huppé des États-Unis dans lequel Nick (Ben Affleck) et Amy Dunne (Rosamund Pike) ont décidé de s’installer après avoir convolé en justes noces.

Le couple semble être suffisamment solide face à l’adversité. Pourtant, des doutes sur sa longévité commencent à poindre dans l’esprit d’Amy. Et c’est justement à cet instant du film qu’elle disparaît. Sans aucune explication.

Entre influences, réminiscences de la Guerre des Rose de Dany Devito sorti en 1989, et stéréotypes teintés d’un réalisme parfois troublant, Gone Girl vous mènera en bateau jusqu’au clap de fin.

 

Night Call

Dan Gilroy a déjà eu l’occasion de mettre sa plume affûtée à l’épreuve de la page blanche puisqu’elle est celle qui rédigea notamment les scénarios de Jason Bourne : l’héritage et de The Fall.

Night Call a été l’opportunité pour cet auteur débordant de créativité de s’atteler à la dure tâche incombant à tout réalisateur : capter l’attention d’un public aujourd’hui bien plus exigeant qu’hier, et mettre en lumière une véritable histoire qui a du sens, née des entrailles de sa folie imaginative.

Ce long-métrage est on ne peut plus surprenant. On s’attend à tout, sauf à ça. Jake Gyllenhal, une fois de plus, transcende son rôle principal de simples regards.

Sa victime, puisqu’il s’agit bien de cela, interprétée par Rene Russo (Frigga dans le péplum mythologique de science-fiction Thor), galvanise l’antihéros de Night Call par une vulnérabilité dont on devine qu’elle est loin d’être seulement subie.

 

Une nouvelle amie

David (Romain Duris) a une amie : elle s’appelle Virginia. Son apparition coïncide avec la mort de sa femme, Laura (Isild Le Besco). Au départ, ses rencontres avec elle sont éphémères. Puis elles s’installent, jusqu’à l’habiter durablement.

Aux côtés de l’amie d’enfance de son épouse défunte, Claire (Anaïs Demoustier), David et Virginia vont apprendre à coexister. À vivre l’un après l’autre. À éprouver une relation singulière avec cette jolie rousse au minois tacheté, perdue elle-même dans une ambiguïté bientôt assumée.

Car aussi proche de son mari (Raphaël Personnaz) qu’elle puisse l’être, Claire ressent bien plus qu’une seule amitié pour David et Virginia. Elle se laisse guider par son intuition et ses impulsions. Jusqu’où la mèneront-elles ?

Osez, Monsieur Ozon, reconnaître votre esprit furtif et vagabond, vous qui savez comment redonner le sourire à un enfant.