Nos futurs

Mercredi sortait dans les salles le dernier long-métrage de Rémi Bezançon : Nos Futurs. Le scénario décousu tend à nous perdre et reste difficilement pénétrable. Pourtant, le film réussit à susciter une réaction, une projection de ce que nous étions quelques temps auparavant. Avec lui, avec elle, avec nous.

Dans le film, il s’appelle Thomas (Pio Marmai). Mais il pourrait aussi s’appeler autrement. Il est cet être avec lequel tout paraissait si simple. Avant. Il y a longtemps. Même hier.

Nos Futurs, c’est cette histoire que tout le monde croit connaître. Celle de la vie. Son sens, au sens strict du terme. Entendez : un début et une fin.

Rien de navrant ni de déprimant. C’est tout à fait factuel. C’est la réalité des choses, toute nue. C’est aussi ce vase que l’on remplit, tous, sans exception, avec tous ces éléments qui fondent, font, défont notre quotidien. Histoire de se donner une importance toute particulière. Histoire de nous faire voir ailleurs si nous y sommes, au cas où.

On pourra regretter un certain manque de rythme dans cette prose cinématographique, ainsi que son désordre. Mais qu’est la vie sinon ce joyeux bordel ? Après tout…

En revanche, on pourra louer l’aptitude de Rémi Bezançon (Le premier jour du reste de ta vie, Un heureux évènement…) à initier le souvenir. Celui qui fait sourire, puis pleurer. Celui que l’on cherche vainement à oublier pour à nouveau l’encaisser et le laisser nous embarquer.

Destination : nous-mêmes, avec cette désespérance folle et finalement salvatrice qui essuiera nos manques de courage, nos absences, nos regrets.

Yann (Pierre Rochefort) vit et revit tout cela. Aux côtés de Thomas, son ami. Son alter ego. Son angoisse et son graal. Ils se retrouvent et s’accompagnent l’un l’autre d’une rengaine que le premier supposait avoir oubliée, sans que ce ne fût le cas.

Leurs retrouvailles sonnent le départ d’un road movie à dos de leurs engins du diable, les menant à leur point de ralliement, une ligne d’arrivée pour ainsi dire. Que l’on n’aurait pas eu l’idée de considérer comme telle.

N’était-ce pas si évident ?