ceylon tristan chevalier

Porté par le duo formé par Louise Holt et Tristan Chevalier, le groupe toulousain Ceylon imagine et diffuse des mélodies voyageant aux confins d’un rock transcendantal. Une échappée belle excitante nourrie par une approche créative originale digne des influences dont Ceylon se réclame, à l’instar de The Doors et de Led Zeppelin. Mais pas seulement. Rencontre en chansons pour en apprendre davantage sur cet ovni musical, après la sortie de son premier EP début février.

La chanson de… votre enfance ?

Tristan Chevalier : Angel Eyes d’Ella Fitzgerald. Avant d’être en âge de choisir par moi-même un CD ou une station de radio, j’entendais les morceaux que ma mère écoutait et ceux qu’elle chantait. En y repensant, c’est celui-ci qui me revient en premier.

La chanson de… votre famille ?

Louise Holt : Samurai Showdown de The RZA. Ghost Dog est le premier film d’adulte que j’ai vu étant enfant. Il a été réalisé par Jim Jarmusch. Ce film est aussi le premier qui m’ait autant marquée pour sa bande originale. J’écoutais l’album en boucle avec mon père et mon frère. Je me souviens que cet album accompagnait à la perfection les voyages en voiture. Les tristes paysages urbains défilaient harmonieusement avec les morceaux.

La chanson de… votre premier amour ?

Tristan Chevalier : Question difficile. En fait, il est impossible de se souvenir d’une seule et unique chanson qui représenterait un premier éclat d’amour. Pour Louise comme pour moi, l’amour a une place considérable dans notre musique. C’est lui qui, en quelque sorte, guide notre ossature musicale. Les fantômes de nos premiers amours doivent sûrement planer au-dessus de tout ça.

Louise Holt : En tout les cas, si je devais illustrer un premier amour en musique, j’encouragerais tout le monde à écouter la musique de Leonard Bernstein dans West Side Story. Soit dit en passant, elle n’a pas pris une ride. Elle reste pour moi l’illustration moderne d’une Juliette et de son Roméo…

ceylon louise holt

La chanson de… votre première désillusion ?

Tristan Chevalier : Accepter de devenir adulte peut être une sorte de désillusion de l’enfance. L’adolescence est la transition pure et dure entre ces deux mondes. Enfants des années 90, nous sommes fiers d’avoir été portés par les méandres mélancoliques du King Kurt Cobain. Pour répondre théoriquement à la question, le souvenir d’une chanson de Nirvana : The Man Who Sold the World (MTV Unplugged 1993).

La chanson de… votre toute première rencontre à tous les deux ?

Tristan Chevalier : Keep Smiling de Ceylon. Nous nous sommes rencontrés en pleine nuit dans une rue lors du festival d’Avignon. Les présentations ont eu lieu en musique durant plusieurs heures avant de communiquer de façon plus conventionnelle. Il nous a fallu un certain temps pour redescendre de ce voyage. Nous avons mis quatre ans pour nous rencontrer à nouveau. Nous avons réalisé ce morceau à partir de nos souvenirs avec le groupe. La version de notre anti-clip cinématique que nous avons sortie début février est une sorte de présentation du morceau qui va se transformer.

La chanson de… la plus belle rencontre artistique de Ceylon ?

Tristan Chevalier : Maraiées mortes de Ceylon. En remontant dans nos précieux souvenirs, ce titre retranscrit très bien une histoire de rencontre. Les deux musiciens Kevin Balzan et Jéremie Novella ont vraiment mélangé leur imaginaire avec les nôtres. Résultat : une rencontre improbable entre un texte hystérique et un groove à la fois lourd et planant. À écouter : le groupe psyché grec de Balzan, Acropolis Bye Bye.

“Les narrateurs de Sleaford Mods sont pour nous les porte-paroles anglais d’une lutte populaire que nous partageons.”

 

La chanson des… première minutes d’une nouvelle journée ?

Louise Holt : Megumi the Milkyway Above de Connan Mockasin. Nous avons découvert Connan Mockasin il y a un an. Nous avons mis peu de temps à tout dévorer. Il a maintenant une grande place dans notre discothèque. Nous sommes très admiratifs des vibes qu’il fabrique. Il a fallu choisir un morceau pour cette question, mais en réalité, on pourrait se lever tous les matins en écoutant l’œuvre entière de Connan.

La chanson de… votre plus grand espoir ?

Louise Holt : Namhanje de Dollar Brand. Ce morceau est sans doute celui que nous avons le plus écouté ensemble. Dollar Brand est le groupe où le savoir culturel se passe, se transmet, afin de se mélanger et de créer une transe orchestrée par le maître Abdullah Ibrahim. On pourrait traduire Namhanje Siyajabula par : “Aujourd’hui nous sommes heureux, réjouissons-nous”.

La chanson de… votre engagement ?

Tristan Chevalier : B.H.S de Sleaford Mods. Langage fracassant sur une musique électro : les narrateurs de Sleaford Mods sont pour nous les porte-paroles anglais d’une lutte populaire que nous partageons, contre les inégalités sociales et des discours politiques effrayants.

La chanson de… ce que l’on peut vous souhaiter pour les prochains mois ?

Tristan Chevalier : Call This Number Now de The Garden. Je balance mon 06 si tu veux (rires). Fais nous jouer, on en veut toujours plus !

Prochain rendez-vous live de Ceylon : mardi 2 avril à l’International à Paris.

 


Crédits photos : Thom Cash, Hellena Burchard