i us and we prism

“Nous avons créé la lumière, l’obscurité et toutes les nuances de gris entre les deux. Ce n’est que par cette compréhension de nous-mêmes que nous pouvons commencer à flotter puis à recommencer”. Les mots de Danny Davenport enveloppent les frères Doverspike. Installés à Los Angeles, ils forment le groupe I,Us and We depuis 2014. Ils sont sur le point de sortir le 25 janvier leur second EP Prism, composé des remixes de leurs précédents singles par des artistes fascinés par notre ère.

Jordan, Evan et Aaron Doverspike, bonjour, et merci d’avoir accepté cette interview. Deux ans après la sortie de votre premier EP Ceremonies, vous avez annoncé la sortie de votre nouvel EP Prism le 25 janvier. Votre monde mélange des sons électro qui semblent provenir de différentes époques. Quelles sont les thématiques que vous privilégiez pour les développer ?

Jordan Doverspike : Salut Florian, merci à toi aussi. Nous évoquons les thèmes de la connectivité entre les personnes, et la manière dont cette connectivité permet de créer une culture beaucoup plus tolérante et compréhensive. Le climat mondial actuel tend à pousser les gens à se concentrer davantage sur eux-mêmes et, en définitive, sur leurs différences. Et si nous pensons que les différences doivent être célébrées, elles peuvent également susciter la division entre nous plutôt que l’unité. Ce que je veux dire, c’est que nous sommes tous sur cette balle qui tourne dans l’infini. Personne ne sait vraiment ce qui se passe, nous comprenons tout ça au fur et à mesure. Aussi, un peu de miséricorde les uns envers les autres peut mener très loin.

Comment se traduit votre relation fraternelle dans votre quotidien artistique ?

Jordan Doverspike : Nous avons eu une quantité extraordinaire de changements dans nos vies respectives ces derniers mois. L’un de nous est devenu père. Nous nous sommes tous mariés. Notre routine personnelle et créative a donc un peu changé, mais notre relation est toujours aussi forte. En ce qui concerne l’écriture et la composition de nos morceaux, nous éprouvons un profond respect les uns vis-à-vis des autres. Notre émulation est constante. Nous n’avons pas à souffrir des non-dits. Chacun d’entre nous contribue naturellement au processus artistique. Nous sommes avant tout concentrés sur l’objectif de créer de grandes chansons.

“Il nous paraît essentiel de sortir de cette culture de l’individualisme et de la division à outrance, celle que l’on retrouve notamment dans la série Black Mirror.”

 

Qui est Danny Davenport, l’auteur des quelques lignes qui composent la présentation de I, Us and We sur votre site officiel ?

Jordan Doverspike : Nous voulions adopter une approche différente pour notre biographie. Nous recherchions quelqu’un avec une véritable plume. Danny nous a été présenté par un ami. Lors de notre première conversation avec lui, nous avons immédiatement eu l’impression qu’il comprenait vraiment notre direction. De là, il est revenu avec la version de notre biographie accessible sur le site de I, Us and We. Il nous a expliqué qu’il avait lancé la lecture de notre EP, puis qu’il avait commencé à écrire. Nous avons senti que ses mots correspondaient profondément à notre vision du projet. Ils résonnaient avec chacun de nous, parce qu’ils donnent un sens au scénario de chaque être.

“Il existe ce sentiment que nous pouvons traverser ce nouveau monde tant que nous avons la voix douce d’un mentor pour nous guider”: qui pourrait incarner ce mentor évoqué par Danny ?

Evan Doverspike : Honnêtement, Danny serait le mieux placé pour répondre à cette question. Pour lui, cela pourrait être Dieu, pour un autre Gandhi, pour un autre encore, Thom Yorke. Nous voulons que les gens se connectent à notre art à leur manière, comme lorsqu’ils se tiennent devant un tableau et qu’ils se sentent émus. Ce mouvement est individuel, il ne suit pas de code pré-établi quant à la façon de ressentir les choses. Juste une salle blanche avec un mur blanc présentant le tableau. Le reste de l’expérience appartient à chacun.

i us and we doverspike

Votre identité artistique et l’univers de I, Us and We sont très étudiés. Vous savez entretenir et maîtriser votre mystère. S’agit-il d’une simple approche marketing, ou d’une réelle stratégie à long-terme capable de soutenir votre engagement pour les causes qui vous tiennent à coeur ?

Jordan Doverspike : Nous voulions simplement être différents. Pendant des années, nous avons fait partie de groupes dont la musique, même si elle nous plaisait, ne nous semblait pas totalement juste. Nous avons fait une pause pour nous retrouver. Puis nous sommes revenus avec une nouvelle inspiration pour échanger le traditionnel, le banal, contre quelque chose de beaucoup plus excitant qui nous correspondait vraiment. Non seulement musicalement, mais aussi visuellement et conceptuellement. À ce stade, je pense qu’aucun instrument ni aucun son n’est hors de portée. L’architecture que nous avons créée pour I, Us and We évolue constamment. C’est un sentiment très libérateur. Et quand on y pense, toutes les conditions sont désormais réunies pour que nous nous sentions inspirés par ce sur quoi nous travaillons. Si cela nous touche, cela signifie que nous tenons quelque chose. Il nous paraît essentiel de sortir de cette culture de l’individualisme et de la division à outrance, celle que l’on retrouve notamment dans la série Black Mirror. Comment ? En luttant, par un petit sacrifice pour un autre par exemple. De telles choses peuvent laisser une empreinte durable, sur cet autre et sur le monde.

Quels sont vos projets et vos perspectives pour 2019 ? Un passage en France est-il prévu ?

Aaron Doverspike : À la suite de la sortie de notre second EP Prism, il est prévu que nous dévoilions de nouveaux titres que nous avons finalisés en 2018. En parallèle, une série de concerts est en cours de préparation. Quant à la France, si nous pouvions y jouer dès demain, nous le ferions. Quoiqu’il en soit, nous sommes d’ores et déjà très heureux des opportunités qui nous attendent dans les prochains mois.