ronan k from grey

Ronan K, ou l’histoire d’un duo nantais qui sort vendredi son premier album : From Grey. Élans folks et nostalgie blues se côtoient pour raconter la vision du monde du duo à travers des compositions inspirantes et prometteuses.

Bonjour Ronan K, merci d’avoir accepté cette interview. Si Ronan K était une planète, comment s’appellerait-elle et qu’y trouverait-on ?

Ronan : Elle pourrait s’appeler Grey ou Purple Space. On y trouverait de longues routes, des déserts et quelques bars miteux. Un truc bienveillant mais où tu te débrouilles. Une espèce d’endroit post-apo où on trouve encore le temps de jouer de la musique pour nourrir l’espoir de connaître autre chose. Mais sans trop savoir quoi. Une planète parfaite pour l’errance, je pense.

Stéven Rougerie : Oui, Grey, avec sa petite bruine, des bars avec des concerts tous les soirs sur sa « Human Highway ».

Si Ronan K était une chanson culte, laquelle serait-elle et pourquoi ?

Ronan : Un truc qu’auraient pu chanter Owen Noone & Marauder (ndlr : écrit par Douglas Cowie) John Henry par exemple ? J’en sais rien. Stev est l’encyclopédie musicale du groupe. C’est à lui de répondre !

Stéven Rougerie : Il faut que ce soit The Stooges, le meilleur groupe de rock du monde. Sans doute Down On the Street en ouverture de Fun House. Un morceau à écouter quand tu ne sais plus pourquoi tu es là… J’écoute beaucoup les Black Lips en ce moment, ça me fait le même effet.

ronan k stéven rougerie studio

Si Marcus Mumford appelait Ronan K demain pour revendiquer le titre The Fall en première plage de votre premier album From Grey, comment le prendriez-vous tous les deux ?

Ronan : Il fait partie des gens que j’ai écoutés et qui m’ont influencé à un moment ou à un autre. C’est vrai qu’il y a un truc avec la rythmique de cette chanson, mais de là à dire qu’il a eu une influence sur notre duo, je ne pense pas. Si Marcus nous appelle ? Je serais flatté !

Stéven Rougerie : Je ne connais pas. Pour de vrai.

Si Ronan K était un personnage historique, lequel serait-il ? Pourquoi vous a-t-il tant marqué ?

Ronan : Peut-être un explorateur ? Bougainville par exemple. Quelqu’un qui n’a pas eu peur de s’avancer vers l’inconnu et surtout sans un objectif belliqueux ou de conquête. Risquer sa vie pour des fleurs. J’aime bien l’idée. Après, l’histoire a le gros défaut de retenir majoritairement des hommes, bourgeois, égocentriques et avides de gloire ou de pouvoir. Pas sûr donc de trouver facilement un personnage qui nous corresponde parfaitement…

“Je crois qu’à partir du moment où tu restes intègre, il n’y a pas de bonne raison de dire non”

 

Just say no : ce n’est pas toujours simple de dire non. Si Ronan K devait dire non à quelqu’un, pourquoi le ferait-il ? Quel est le non le plus mémorable pour chacun d’entre vous ?

Ronan : Si on devait dire non, ce serait à quelqu’un qui voudrait changer notre façon de faire et de travailler. Si on nous demande d’être plus de deux sur scène, de tout faire dans l’instant, de faire de la pop… Ce genre de trucs. Ce n’est pas toujours simple de dire non, surtout quand la tentation se pointe. C’est toute l’histoire de notre chanson d’ailleurs, Just say no. Tentation et refus ne font en général pas bon ménage. Mon non le plus mémorable, ce serait peut-être le jour où on a refusé une tournée française avec un chanteur américain. C’était il y a deux ans. Il avait besoin d’une première partie et devait faire un circuit du genre : Lyon, Toulouse, Nantes, Angers, Paris. Malheureusement, je n’étais pas disponible à ce moment-là et ça m’a pas mal frustré…

Stéven Rougerie : Just Say No parle de tentation, c’est une chanson sur la difficulté à être libre de dire oui, pour le coup. Je trouve ça assez facile de dire non. C’est pratique en tout cas. Mais pour répondre à la question, je crois qu’à partir du moment où tu restes intègre, il n’y a pas de bonne raison de dire non. Just Say No a également été le slogan d’une campagne anti-drogue menée par Nancy Reagan au milieu des années 80, avec Clint Eastwood notamment. Mais il ne s’agit pas de ça ici.

ronan k live

Qui est Liz ? Pourquoi un tel dilemme avec sa mère ?

Ronan : Comprendre qui est Liz, c’est tout le travail du texte de cette chanson. C’est l’une de celles que Stéven a écrites. La première fois que je l’ai lue, j’ai aimé me faire surprendre par l’histoire et ce qu’elle dévoile à la fin. On n’a pas hésité longtemps avant de nous décider à la garder pour l’album.

Stéven Rougerie : J’étais tombé amoureux de deux chansons, Memphis, Tennessee de Chuck Berry et House Of Pain, de Faster Pussycat, interprétée par The White Buffalo pour la B.O. de West Of Memphis, un documentaire sur une erreur judiciaire, produit entre autres par Peter Jackson. Je me suis inspiré de ces deux chansons et je me suis mis dedans. Le personnage de la mère est indispensable à la narration : il y a un twist à la fin, faut pas spoiler… (rires)

Si le duo Ronan K était une promesse pour lui-même, laquelle serait-il et pourquoi ?

Ronan : La promesse de ne pas lâcher. En tout cas pas encore. Parce qu’on n’est pas venu ici pour avoir des regrets mais pour voir du pays.

Stéven Rougerie : Il faut que ce soit important. Pour nous et pour le public.

On l’invite justement à retrouver Ronan K très prochainement sur scène, notamment ce vendredi à l’occasion de la sortie de From Grey : ce sera à La Scène Michelet à Nantes dès 20 h. En attendant, on vous souhaite une bonne continuation à tous les deux : à bientôt !

 


Crédits photos : Jean-Pierre Menard (n&b)