soror sister

Le groupe bruxellois SOROR a sorti le 11 mars dernier son nouvel EP articulé autour de sensationnel single Sister. C’est noir et lumineux à la fois. Éternellement jeune et exacerbé.

Alice Ably et Sophie Chiaramonte sont des femmes conquises. L’une par l’autre. Mais aussi par les cordes de Thibaut Lambrechts qui font tressaillir l’envie. Celle qui monte jusqu’à ne plus pouvoir être contrôlée, manipulée, influencée, tiraillée. Le quatuor SOROR (incluant aussi Arthur Lonneux à la batterie) est un projet musical égaré entre rock indé et pop stimulante très aérienne. Pour vous mettre sur la piste, on pense instinctivement à Daughter, MS MR. Mais aussi à Björk à ses débuts dans l’incroyable titre Sister, pierre angulaire s’il en est du nouvel opus de SOROR.

Paru le 11 mars 2020, il a déjà su émoustiller les oreilles les plus averties du métier et au-delà. SOROR, qui signifie sœur en latin, forme la genèse d’une confession qui prend le temps de se partager. Le groupe la distille depuis 2018, notamment à travers un premier EP révélé en juin de cette année-là. Puis il remet le couvert avec les singles Wish puis Shadow of a Doubt. Cette nouvelle production suggère une accélération de la cadence. En effet, au fil des mois, SOROR a pris sa place sur scène au Botanique, au Supersonic… Mais aussi en première partie de Jeanne Added et Dead Medow.

SOROR : dissimulez ces mots que je ne saurais dire

Les sœurs et leur grand-frère se cachent pour écrire comme les hommes pour pleurer. Et cela se vérifie notamment dans la façon qu’a choisie SOROR pour parler de sa musique. On aime les cordes, les harmonies, les bons rythmes planants, ok, ok… Mais que nous raconte SOROR au juste ? Dans Unleash The Dogs, l’atmosphère se crée dans un cadre presque mystique. On est transporté dans cette cathédrale qu’on visita un jour, à genoux face à l’autel. Aucun raison de se cacher : après les atermoiements, place à la libération à travers les autres. “Tu peux changer les couleurs du monde” : ça résonne singulièrement ces temps-ci…

Alors, quand la Sister se pointe, on repense aux premiers cris de Björk dans son groupe punk Kulk. C’est du béton armé, avec cette fissure au centre parfait d’un mur qui est en train de vaciller. Du coup, on repart sur les chemins. Humdrum Road : ou quand il s’agit de se perdre pour retrouver celui qui n’appartient qu’à nous. Et qui nous mènera vers les réponses. Habiba, me voilà, on veut savoir pourquoi. La confiance ne s’explique pas, pas plus que celle que l’on n’a plus à l’égard de soi. Habiba, on veut savoir pourquoi ! Un dernier coup de pied pour remonter, léviter, réaliser.

 


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