alela diane cusp

Vendredi prochain sortira le sixième album d’Alela Diane. Trois ans après Coldmoon, qui lui avait permis de dépasser une période de blocage créatif grâce à son étroite collaboration avec le guitariste Ryan Francesconi, l’auteure, compositrice et interprète californienne dévoile dans Cusp sa palette de couleurs alliant fragilité et détermination.

La musique folk n’a plus vraiment de secret pour elle, et pour cause : très entourée à ses débuts et épaulée par son père dans la conception et la réalisation de ses premiers albums, Alela Diane a depuis pris son envol. Une prise de hauteur salutaire, bien que stressante pour elle au départ. C’était pour son quatrième album About Farewell, paru en 2013.

Elle venait de devenir la mère d’une petite Vera. Elle ne la lâchait plus, quitte à ce que celle-ci soit à ses côtés durant sa tournée européenne, allongée paisiblement dans le camping-car garé derrière la scène pendant que maman chantait.

Depuis, Alela Diane a eu une seconde fille prénommée Oona. Elle poursuit sa route et continue de surplomber le monde dans toute cette humilité qui la caractérise. Dans quelques jours paraîtra Cusp : le terme désigne en français la protubérance située au sommet de chaque dent jouant un rôle essentiel dans la mastication. Allez savoir pourquoi…

Dévorer la vie avant qu’elle ne vous dévore

Dans Cusp, Alela Diane n’y va pas par quatre chemins. De l’espérance à l’indignation, de la lassitude à un nouvel enchantement, les cœurs de tous se mélangent pour que chacun puisse prendre – à nouveau – le temps de s’émouvoir. De s’entendre aussi, sur des réalités qui ne sont en fait qu’une, notamment dans Émigré, un titre hommage à cet enfant Syrien, Aylan, mort sur les plages de Turquie en 2015 et dont la photo du corps sans vie fit le tour du monde.

Dans cette sensibilité vocale rappelant plus que jamais celle de la lead vocal du groupe franco-américain Moriarty, Rosemary Standley, et épousant des compositions d’une incroyable fébrilité à l’instar de celles d’Aldous Harding, Alela Diane marque son propre temps et celui du public.

Dès le 12 avril, elle aura l’opportunité d’aller encore plus loin à travers les nombreuses dates européennes d’ores et déjà bookées, dont quatre en France : le 24 avril au Théâtre de l’Idéal à Tourcoing ; le 25 à Nantes au Stereolux ; le 26 à La Cigale à Paris et le 28 à Lyon au Festival le Petit Bulletin.

 


Crédits photos : Jaclyn Campanaro