pierre lapointe la science du coeur rocher de palmer

Dans les pluies d’octobre dernier, revenues sans crier gare, Pierre Lapointe touchait à nouveau le sol de nos terres avec son nouvel album intitulé La science du cœur. Toujours en partance à la rencontre de nos innombrables errances, il partagera une fois de plus le secret de ses équations amoureuses et existentielles, le 9 février au Rocher de Palmer à Cenon, non loin de Bordeaux.

J’ai cru perdre le fil à la lecture de tes biographies. Je me suis imaginé à tes côtés, alors que tu recevais tous ces prix. Ces distinctions d’une intuition plus que d’un égo. J’étais transparent, j’étais fantôme. J’étais dans l’attention, dans l’intention. Dans l’émotion telle que, toi, tu la ressentais.

Qu’il est honteux d’être humain, parfois, dans ces vies qui nous minent et qu’on laisse s’échapper. Qu’il est doux d’en voir certains dévorer des parcours jonchés d’obstacles quand tant d’autres ont oublié tous leurs rêves blessés. Alors Sais-tu vraiment qui tu es. Alors réalises-tu vraiment celui que tu as toujours été.

Quelques accords au piano, un organe qui n’en fait jamais trop. Et qui suscite les seules questions qui vaillent le coup, celles qui sont aussi les réponses. Le retour d’un amour, celui de Mon prince charmant, dans l’échancrure d’une dimension qui n’appartient qu’à deux. Deux en un seul, Comme un soleil qui serait aussi lune.

Zopiclone au rebut et passions nocturnes mises à nu

Quand tes pensées sont si fortes qu’elles portent le poids de tes paupières. Quand elles te tenaillent l’estomac, quand elles cisaillent tes intestins pour en faire la charpie qui sera demain ta poésie. Quand la moindre lettre de l’Alphabet fait offense aux circonvolutions, à la complaisance, aux circonstances. À raison.

Quand l’abandon de soi devient une croisière autour d’un monde absent, qui attend, qui espère à nouveau tourner rond. Quand tes valises s’enlisent dans le creux de tes joues. Quand elles se posent sur l’île Naoshima, quand les habits pliés avec soin se transforment en mots, en rimes, en quelques airs offerts au vent du large.

Traversant le Pacifique à dos de baleine, l’Amérique du Nord à dos de rengaine, l’Atlantique à dos d’Un cœur qui aurait trouvé sa nouvelle route. Une énième, une Transat sentimentale inédite jusqu’au Rocher de Palmer. Alors se produira à nouveau le petit miracle d’une chanson, résonnant comme Une Lettre. Alors se dessinera une larme sur mon visage qui n’aura rien à voir avec la peine. Qui sera simplement une larme disant que nous nous reconnaissons quand même.