black lilys interview boxes

Black Lilys sortait le 30 mars son tout premier album : Boxes. Après le single Blood Ties dévoilé il y a tout juste un an, le duo lyonnais formé par Camille et Robin Faure révèle dans sa nouvelle production les facettes très spéciales de ses sonorités pop-folk, portées par le grain de Camille façon Selah Sue, et les harmonies délicates en mode The XX qu’elle façonne avec son frère.

C’est elle qui s’y collait, et lui qui finalement la rejoignit : Camille et Robin Faure forment officiellement depuis 2014 le duo Black Lilys, une entité révélant leurs plus profonds tressaillements plus qu’un simple projet musical. Un rêve qui commence par un au revoir, pour accueillir par la suite une ribambelle de chimères inédites.

Camille et Robin Faure sont sœur et frère. Au-delà de partager la même histoire, c’est également les mêmes planches qu’ils épousent désormais. Depuis ce tremplin qui leur permit d’assurer la première partie de The Do, leur groupe fétiche, Black Lilys a multiplié les concerts. De quoi mettre aussi à l’épreuve leur relation fraternelle.

Quel est le principal atout d’être frère et sœur dans un duo musical tel que Black Lilys, et le plus gros inconvénient ?

Robin Faure : Le lâcher-prise ! Entre nous, il n’y a jamais vraiment eu de filtres. C’est vrai que c’est très agréable de ne pas avoir à passer par quatre chemins pour se comprendre, que ce soit lorsque nous composons ou dans la vie de tous les jours. Ce naturel est un réel atout.

Camille Faure : On passe beaucoup de temps à travailler ensemble au sein de ce projet. Cela peut être compliqué de préserver notre lien dans ces circonstances. Du coup, on essaye de ne pas faire uniquement de la musique ensemble, ou de la partager autrement. En faisant des voyages, des randonnées…

Mouvements et engagement

À l’instar de leur titre Behind the Street évoquant le paradoxe de cet homme fier d’être libre mais que la route détruit, Black Lilys n’hésite pas à user de sa propre liberté d’expression pour parler de certaines thématiques qui lui tiennent à cœur.

Quelques temps avant les présidentielles de 2017, Camille et Robin Faure avaient ainsi appelé de leurs vœux l’élection d’un président “humaniste et écologiste.

Avec une année de recul, trouvent-ils que le nouveau président de la République Française soit à la hauteur de leurs attentes ?

Camille Faure : Pour être honnête, notre président n’est pas celui que nous aurions aimé avoir. Au départ, il ne semblait pas le plus combatif pour défendre la cause de notre planète d’ailleurs. Cependant, maintenant que c’est lui qui a les clefs, laissons-lui la chance d’agir et de faire évoluer les choses. Nous accordons beaucoup d’importance à l’écologie tous les deux. La nature fait partie intégrante de notre projet.

Robin Faure : Rien qu’en France, de nombreuses espèces d’oiseaux disparaissent chaque année. Les abeilles se meurent davantage. Nous recevons de nombreux signes alarmants. Pourtant, tous ces petits éléments font la beauté et l’équilibre de notre monde. Cela parait presque “cul-cul “de parler d’écologie aujourd’hui.  Et bien que le message soit très simple, il devient urgent d’en prendre conscience.

black lilys premier album boxes

Liens et réalités

Boxes, ou ces petites boîtes cartonnées dans lesquelles on peut mettre ce que l’on veut. Reprenant les trois titres parus en avril 2017 sur le single Blood Ties, Boxes est aussi une tentative pour renouer avec une espérance : celle de donner une seconde chance à la relation humaine, au temps passé ensemble, à une certaine simplicité.

Si Black Lilys parle promptement d’humanisme, quel sens le duo lui donne-t-il ? Selon lui, ce mouvement est-il toujours d’actualité ou en perdition ?

Robin Faure : Pour les valeurs humanistes, nous croyons beaucoup en l’éducation. C’est le point de départ. De nombreux modèles, plus centrés sur les émotions et l’humain, existent et fonctionnent déjà dans d’autres pays, à l’instar des états scandinaves. J’ose espérer qu’ils arriveront jusqu’à nous. Certaines écoles plus alternatives sont déjà en place mais restent financièrement difficiles d’accès pour tous.

Camille Faure : Les enfants sont l’avenir de notre monde. Les gens sont de plus en plus mal, malheureux. La société se réfugie sur les réseaux sociaux mais n’a jamais été aussi seule. Il y a du bon dans l’évolution mais il faut veiller à ne pas perdre ce qui fait de nous des humains, comme notre fragilité, la communication vraie, le fait de percevoir et de comprendre comment s’animent nos émotions. Le respect de la nature et des animaux, aussi. C’est le vrai message que l’on souhaite faire transpirer dans notre premier album d’ailleurs. C’est un message d’espoir.

Robin Faure : Dans ce que proposent les candidats à chaque élection présidentielle, il manque malheureusement souvent l’essentiel. Nous aimerions avoir la chance de voter pour une sorte de ” sage”, quelqu’un qui viendrait réellement changer les choses, amener du renouveau, donner l’exemple y compris aux autres pays.

Boxes, ou ces petites boîtes cartonnées dans lesquelles on peut mettre ce que l’on veut. Et vous, qu’y mettriez-vous ? Et que diriez-vous d’en discuter avec Black Lilys lors de l’un de ses prochains concerts ? Aucun Wrong Timing à craindre, seulement une opportunité à saisir pour explorer ce Land of Joy que le duo vous propose. Pourquoi pas le 26 avril aux Écuries de Baroja à Anglet, ou le 17 mai au Marché Gare à Lyon ?

 


Crédits photos : Anne-Laure Étienne