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BLC Mirror CLB : comprenez Black Mirror Club. Derrière les reflets, l’histoire d’un duo niçois qui décide de se lancer dans un aventure rock inédite. Très imprégnée du vécu de Fabz, elle dévoile les méandres d’un homme qui refait surface dans un premier EP éponyme paru le 25 février dernier. Portrait.

Fabz et Marz inaugurent une nouvelle page de leur parcours musical en 2017 avec BLC Mirror CLB. Leur connivence artistique se ressent à travers les sept plages de leur premier EP sorti cette année. On croit également percevoir une amitié de longue date. Pourtant, ils se sont rencontrés il y a seulement deux ans et demi. “C’est à se demander comment on a fait pour se rater ainsi pendant tout ce temps”, s’étonne Fabz. Tout arrive lorsque c’est le moment.

En l’occurrence, c’est un projet musical mort-né qui les réunit. Les deux compères n’en sont pas à leur coup d’essai question musique. Le premier a notamment mené sa barque en Angleterre avec Charly Coombes (de la fratrie Coombes de SuperGrass) en créant le groupe Lazare. Le second a fait partie des bands Curl et Khundalini. BLC Mirror CLB est la traduction d’un envie folle d’incarner leur propre vision du rock. Ça déménage et c’est dans l’air du temps.

BLC Mirror CLB : origines

D’un côté, Marz, le petit jeune tout juste trentenaire qui s’éclate à la batterie. De l’autre, Fabz, 38 ans, à la guitare et au chant, mais aussi à la page. C’est lui l’auteur de BLC Mirror CLB. Dans les veines de ce Franco-écossais ayant aussi passé quelques années à Oxford, une rébellion nourrie par une rage de vivre qui faillit lui faire défaut. Trimbalé de consultations en hospitalisations pendant plusieurs années, Fabz n’a d’autre choix que de tourner le dos à la musique. Remis sur pied, elle se rappelle à son bon souvenir avec une violence exacerbée.

“Dès que ma santé s’est améliorée, j’ai eu du mal à manager le flot de mes idées. Textes, musiques, envies, points de vue : ce flot me submergeait littéralement” confie t’il. BLC Mirror CLB est l’emblème d’une époque, celle des “radios sombres qu’on éclaire et qui laissent entrevoir un bout de ta personne en noir et blanc.” Celle aussi des salles d’attente bondées des hôpitaux. Les sept morceaux de l’EP révèlent la volonté de Fabz de partager tout autant que d’exorciser. À l’instar de Kamikaze en septième plage. “La chanson parle de ce moment de profonde déprime ayant initié un appel entêtant au suicide.” Jusqu’à la libération.

Libre et bien vivante

La musique de BLC Mirror CLB n’est pas ténébreuse. Elle est plutôt cette lumière au bout du tunnel qu’il appartient à chacun d’atteindre grâce à ses seules forces et à son seul désir de se réaliser. Aussi, les paroles de Fabz interrogent l’auditeur, comme c’est le cas dans The Evil Way : “Faut-il suivre le chemin du diable ? Autrement dit le nôtre, celui qui voudrait nous pousser dans le vide ?” Des questions pour ne pas succomber à la facilité. Pour ne pas succomber tout court.

“Ce titre parle d’un nouveau style de danse”, explique Fabz. “Hurler dans l’ombre puis rêver d’une vie meilleure, d’une vie parfaite. Il s’agit d’une chose dont on n’a pas conscience quand tout va bien. Le jour où ça ne va plus, on se rend compte qu’on n’a finalement pas besoin de grand chose. Ne serait-ce que d’ouvrir les volets sur une journée ensoleillée et se dire que ça fait du bien, au lieu de ne pas s’en rendre compte et de considérer comme normal le fait qu’il fasse jour chaque matin.”

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Au-delà des références

Dans la voix de Fabz et l’énergie de ses compositions à quatre mains avec Marz, on perçoit les réminiscences des airs de ses inspirations à l’instar de Placebo, de The Cure et de The Smashing Pumpkins : “Siamese Dreams est l’un des rares albums que je peux écouter en entier. Dans Mellon Collie and the Inifinite Sadness, plusieurs titres sont également restés gravés, comme 1979. Cette évocation du passage à la vie adulte m’avait beaucoup touché.”

David Bowie figure également en bonne place parmi les influences de Fabz. Dans le titre The Organ Song, il lui dédie sa “Black Star”. Celle qui incarne cette chose sourde le rongeant de l’intérieur. Plus encore, l’aspect dégradant de la maladie et son envie de se tourner vers la plénitude. “Une partie du refrain résonne avec le père. Le mien, absent de ma vie depuis longtemps”, confesse Fabz. “Et celui spirituel, sans pour autant parler de religion. La seconde partie du refrain évoque justement le fait de se prendre pour Dieu. Ce côté “divin” dont peuvent disposer certains des médecins auxquels j’ai eu affaire. C’est assez perturbant. Du coup, qui est Dieu aujourd’hui ? Le père, le père tout puissant, le médecin ? Ou s’agit-il juste de croire en moi ?”

Acteur de sa propre vie

La musique de BLC Mirror CLB n’est pas ténébreuse. Au contraire, elle mériterait d’être entendue par celles et ceux qui croient savoir ce que c’est, ce que ça fait. Et qui pensent pouvoir en parler mieux que ceux qui l’ont vraiment vécu. Omettre, mettre à bonne distance, feindre la compréhension alors qu’on ne cherche qu’à consolider des postures et prendre ses jambes à son cou.

La musique de BLC Mirror CLB n’est pas ténébreuse. Elle repositionne l’humanité au centre, tout autant que son sens et sa fragilité. Le rock y est plus qu’un genre musical. Il est l’instrument de son expression sans fard. À Fabz d’ajouter : “Je ne sais pas si j’ai réussi à dépasser la passivité que peut parfois suggérer l’espérance. Je crois que j’ai fini par accepter. Puis je me suis laissé porter. Dans mes précédents groupes, j’essayais d’être un leader et de décider de tout. Depuis, j’en suis revenu et je m’en suis remis. Avec Marz, je prends désormais les choses telles qu’elles viennent pour essayer d’en faire quelque chose qui nous plaît.”

 


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