ryd ryan downie

C’est fou les voyages que l’on peut faire depuis son sofa ou son lit douillet ! Le producteur et songwriter londonien Ryan Downie aka RYD a transformé son home sweet home en une agence dédiée à l’évasion de l’esprit. Il a partagé le récit de ses excursions le 25 janvier dernier dans un premier album. Ses sonorités dream pop entre ciel et terre tentent de reconnecter l’être avec lui-même.

Salut Ryan et merci d’avoir accepté cette interview. Tu es le père du projet musical RYD. Ton premier album éponyme est sorti le 25 janvier. C’est l’une des plus belles découvertes musicales de ce début d’année. On y distingue immédiatement l’influence de Bon Iver et l’atmosphère qu’il a créée dans son deuxième album sorti en 2011. S’il n’y avait que trois personnes à me citer, quelles seraient les raisons qui pourraient expliquer pourquoi tu sembles si attaché à son intimité et à sa démarche créative ?

Ryan Downie : Salut Florian et merci à toi pour ton invitation. Le ton fragile de son falsetto me touche vraiment. Je me reconnais aussi beaucoup dans l’émotion qu’il veut dépeindre dans ses paroles. Cet endroit où l’album que tu évoques t’emmène mélodiquement me fascine. À chaque nouvelle écoute, il y a toujours un nouveau son à découvrir.

D’où vient ce sentiment de vulnérabilité et de dépendance que l’on retrouve dans les mots de toutes les chansons du premier album de RYD, y compris les plus optimistes à l’instar de I See You ?

Ryan Downie : Cela vient d’événements et d’émotions significatifs que j’ai vécus dans ma vie. J’ai réalisé qu’ils étaient plus faciles à comprendre que je ne le pensais au départ. I See You parle du fait de trouver une personne qui te comprend et qui t’aide à te reconnecter. Ce titre est plus optimiste, certes, mais il est aussi question de trouver du réconfort en l’autre plutôt qu’en nous-même, ce qui peut suggérer une certaine forme d’amertume.

ryd i see you

Tu as déclaré récemment : “Ma maison est un bon endroit pour écrire. Pour atteindre certains endroits.” Que trouves-tu dans ces endroits que tu ne peux explorer que chez toi, tant pour ta vie quotidienne que pour ton processus de création ?

Ryan Downie : Dans l’intimité de mon chez-moi, je peux m’ouvrir autant que je veux ou aussi peu que je le souhaite. J’y éprouve un sentiment de sécurité, une familiarité aussi avec un processus d’écriture ou de production. Enfin, la compréhension de l’atmosphère qui règne dans chaque pièce : c’est également très important pour moi.

Le premier album de RYD met notamment l’accent sur la capacité de l’individu à se scinder en créant une seconde personnalité sur le web, parallèle à la sienne. Que penses-tu des personnes qui entretiennent cette double vie et qui profitent de leur anonymat sur le web pour exprimer ce qu’elles ne diraient jamais dans la vie réelle?

Ryan Downie : C’est triste, surtout quand les gens utilisent l’anonymat pour être malveillants. Et ce, même si le web est fondamentalement une bonne chose. Il permet de se connecter à des gens que vous n’auriez sans doute jamais rencontrés autrement.

“Une réalité en ligne presque complètement différente sans en subir les conséquences à court terme ? Ce qui demeure obsédant, c’est qu’elle sera toujours là.”

 

Selon toi, pourquoi l’individu s’exprime-t-il de moins en moins à découvert en engageant ce qu’il est ?

Ryan Downie : Cela se joue au niveau de cette opportunité offerte par le web de pouvoir vivre une réalité en ligne presque complètement différente sans en subir les conséquences à court terme. Mais ce qui demeure obsédant, c’est qu’elle sera toujours là.

Finalement, s’il ne devait y en avoir qu’un, quel serait le thème majeur porté par ce premier album de RYD ?

Ryan Downie : Le chagrin et les gens trompeurs, je suppose. À travers et à propos de moi la plupart du temps. Il s’agit des relations que j’ai eues avec les autres. De ce qui m’est arrivé, de ce qui m’a affecté émotionnellement. C’est pourquoi la fiction n’en est pas vraiment une, les personnages n’en sont pas vraiment. C’est en réalité ce que j’ai vécu.

 


RYD : Facebook | Crédits photos : Davy Evans