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Il y a des musiques qui, sans prévenir, vous émeuvent. Des mots qui, venus de nulle part, vous soulagent. Leur auteur, Jean-Baptiste Soulard, fait partie des rares à en maîtriser la chute. Son concept album Le Silence et l’Eau sortira le 28 février prochain. Il est la meilleure façon de s’en rendre compte.

Dans la délicatesse de ses compositions, la poésie de Jean-Baptiste Soulard est sereine. Toujours égale à elle-même, elle est le fruit de plusieurs années d’ébauches, d’initiatives, de collaborations, de premières amours qui perdurent. Et dans ses fêlures, c’est l’envie d’un homme né pour parler au cœur de l’autre, ainsi qu’à ses fantasmes les plus sombres, qui s’exprime. Oui, Jean-Baptiste Soulard, c’est tout cela à la fois. Voilà pourquoi l’impatience ne peut être contenue. Ne serait-ce que pour vous en parler.

Jean-Baptiste Soulard avait déjà laissé des traces ici. C’était en 2018 avec Palatine (Prix Chorus 2016, Inouis…), à travers la sortie de Grand Paon de Nuit, le premier album du groupe qu’il avait cofondé avec Vincent Ehrhart-Devay. Il ne s’agissait pas de sa première expérience musicale, loin de là. Formé au Conservatoire de Chambéry puis dans plusieurs autres structures privées, il avait mené de front plusieurs projets d’écriture et de composition pour le théâtre. Mais aussi pour Soole, Tango Kashmir et Roni Alter.

Jean-Baptiste Soulard : Sois le premier, le dernier avec ces autres

“Loin de l’enfer, loin de nos doutes”, les doigts de Jean-Baptiste Soulard courent sur les cordes en première plage de son album Le Silence et l’Eau. À la manière de Raoul Vignal dans Hazy Days. Sa voix fait écho à celle d’un Théo Maxyme. Ainsi, au-delà des références musicales qu’il invoque, de Nick Drake à Sufjan Stevens en passant par Leonard Cohen et Bon Iver, Jean-Baptiste Soulard porte celles d’aujourd’hui. Celles d’ores et déjà formées par cette nouvelle génération de songwriters totalement habités.

Le Silence et l’Eau matérialise un certain nombre de rendez-vous avec lui-même, par un voyage intérieur qui épouse l’évasion librement inspirée du roman de Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie. Il la fait sienne puis nôtre en y conviant JP Nataf, Luciole, Blick Bassy, Bessa. Mais également Raphaël Personnaz qui a joué dans le film adapté de l’œuvre de Sylvain Tesson. À l’ombre qui s’efface, Jean-Baptiste Soulard offre une seconde chance. J’irai là-bas après avoir soufflé l’été : une promesse à lui-même tout autant qu’au monde. Pour un Asile. La lecture en retard. Pour aligner nos actes et nos idées, après la grande Débâcle et son urgence qui n’ont fait que trop durer. Et pour cet interlude expérientiel au milieu des autres voies qui fanent. Rendez-vous le 9 avril au Café de la Danse pour considérer celle que Jean-Baptise Soulard voit déjà.



Jean-Baptiste Soulard : Facebook | Crédits photos : Hugues Anhes